into the wild, till the end
Par renaud gaultier, jeudi 24 janvier 2008 à 11:32 :: blog de bord :: #32 :: rss

Avec ce film intense, Sean Penn illustre la quête d'absolu, fatale et solitaire d'un jeune américain qui refuse le rêve matérialiste de ses parents. Sauvage et beau.
Siddharta a quitté le château familial pour prendre la route, François d'Assise, London et Kerouac, des milliers de jeunes délaissent les routines parentales chaque année. Tous cherchent. Le sac qu'ils portent est parfois trop chargé, souvent encombré de choses inutiles et parfois même lourd de leurs héritages. Christopher Mc Candless, le jeune héros du film inspiré d'une histoire vraie, ne déroge pas à la règle des routards : il avance en se dépouillant. Il y laissera la vie.
On peut se demander pourquoi Sean Penn filme en 2007 un jeune homme admis à Harvard qui détruit ses papiers d'identité, fait un chèque de tout son argent à Oxfam pour finir par mourir de faim dans la toundra d'Alaska. Ce soir là, j'ai vu des jeunes gens pleurer à la sortie du cinéma. Notre époque ne peut plus ignorer l'impasse matérialiste dans laquelle le monde, l'Amérique et l'Europe après guerre, l'Inde et la Chine aujourd'hui, s'est engagé presque aveuglément. 1968 n'a rien changé à cet état de fait : cette non-révolution a abouti simplement à lever les tabous de la surconsommation, pour "jouir sans contraintes", de soi, de l'autre, de la planète.
Alors oui, depuis le roi pêcheur, l'occidental se meurt, blessé dans sa bataille contre lui même, encombré d'orgueil et détourné de tout élévation par son inextinguible soif de puissance et n'a d'autre choix que d'entrer dans sa sauvagerie intime, pour renoncer au fardeau qu'il s'est inventé et accepter avec humilité qui il est, en sa vérité simple.
Nous n'avons pas fini de voir des jeunes gens sac au dos sur la route.

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